Baele à Bovesse : une seconde vie pour l'exploitation agricole familiale

Jean-François, jeune agronome, rêve de vivre un jour de ses productions vinicoles, tout en "innovant des vins différents, dans le respect de l'environnement... pour étonner et sortir de ce qu'on fait depuis des millénaires..."

En 2005, il plantait un hectare de vignes, des cépages solaris. La première vinification, en 2006, était prometteuse... Depuis, la cuvée 2009 s'est annoncée particulièrement charmeuse. « Le blanc fait déjà 14,5° d'alcool, naturellement. Un vrai apéritif ».

Baele à Bovesse : "oui, le petit cinsî peut faire du vin." (cinsî = fermier en wallon)

Jean-François Baele a une conviction digne de ses vignes : vigoureuse et ambitieuse. Le vigneron bruyérois veut tracer sa vie au milieu des vignes.

Une Mercedes blanche, vieux modèle, roule lentement avant de s'immobiliser sur les dalles de béton en face de cette ferme bovessoise. À son bord, un petit couple. Jean-François Baele, 27 ans, et son épouse Audrey. Ils viennent de terminer leur journée de travail chez GSK, la firme pharmaceutique. Et ils s'apprêtent à en démarrer une autre. Celle de vignerons.

Jean-François et Audrey Baele présentent leur projet viticole "Domaine du Ry d'Argent à Bovesse" :

Voir la vidéo (02:37 min en FR) : Lien vers la source : Vers l'Avenir - Actu24.be

 

« Pour voir un peu Jean-François de la journée, j'ai une seule recette : travailler avec lui », sourit timidement Audrey. En 2006, son homme s'est lancé dans un pari aussi fou qu'enivrant. Jean-François a un rêve, un credo, une obsession : vivre, un jour, de ses productions vinicoles. Pour l'instant, il conserve un 4/5e temps chez GSK mais un jour, il en est persuadé, la balance va s'inverser.

 
Cette intuition du vin ne lui est pas venue par hasard. Le voisin direct des Baele, c'est Philippe Grafé et ses 10 hectares de vignes. « Ce fut le sujet de mon travail de fin d'étude », signale Jean-François, diplômé en agronomie. En 2005, il plantait un hectare de vignes, des cépages solaris, sur ce coteau qui semble dessiner la limite plongeante de la Hesbaye. « Quand vous analysez les sols », pointe Hubert, le papa, « vous découvrez que d'un côté c'est l'argilo-limoneux de la Hesbaye et de l'autre le calcaire du Condroz. On est sur la ligne de démarcation. »
 
Des limites, Jean-François, le fiston, n'en a pas vraiment. Et c'est tant mieux. « Le hangar que l'on a construit, c'est pour 60 hectares. Mais je ne dis pas qu'on ira jusque là... Quand on a démarré, certains ont crié au fou. On a même dit qu'un fermier ne serait jamais capable de faire du vin. Hé bien, quand j'ai goûté la première vinification, en 2006, je me suis dit : là, gamin, t'y es arrivé ! Il y a encore un bon bout de chemin mais ça veut quand même dire qu'un petit cinsî peut faire du vin... »

Père et Fils
 
" Si je veux voir un peu Jean-François, il n'y a qu'une seule recette ... travailler avec lui."
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Et la cuvée 2009 s'annonce particulièrement charmeuse. « Le blanc fait déjà 14,5° d'alcool, naturellement. Un vrai apéritif », se réjouit, l'oeil gourmand, le paternel. Façonner son vin, c'est gratifiant. Le vendre, c'est vital. « On est toujours fidèle à une certaine ligne de conduite. La semaine dernière, maman a remballé le responsable d'une grosse chaîne de distribution. On tient à garder le contrôle. Dans le système de l'agriculture traditionnelle, le fermier perd le contrôle. Et on n'a pas quitté ce milieu pour retomber dans la même dépendance », explique-t-on au Domaine du Ry d'Argent, du nom du petit ruisseau qui coule au bout de la vigne.
lesvins
 
Le vigneron de Bovesse ne veut pas non plus dépendre d'un seul gros client. Pas question de mettre toutes ses grappes dans le même pressoir. Le petit cinsî est devenu vigneron mais il n'a pas perdu son bon sens de fermier.